Face à la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur agricole, le Forem et ses partenaires ont lancé une formation sur mesure pour former et recruter des profils qualifiés.
Objectif : répondre à la demande de la Fédération des Services de Remplacement agricole de Wallonie, qui recherche une douzaine de candidats motivés.
Philippe Bottermanne, son Vice-Président et responsable de la Régionale Hennuyère précise :
« Les fermes sont de plus en plus grandes et le personnel difficile à trouver ; c’est pourquoi nous avons décidé de nous lancer dans cette formation ».
Une formation complète et sur le terrain
Après une semaine d’essai métier, les stagiaires suivent 4 mois de cours théoriques et pratiques au Forem et à la ferme pédagogique du Carah à Ath, puis un stage de 6 semaines au sein d’une ferme de leur région.
Pascal Van Ceunebroecke, formateur au Centre de compétence Forem Secteurs Verts :
« L’objectif est de leur donner les bases du métier : élevage et soins aux animaux, conduite d’engins agricoles, sécurité au travail et maintenance des infrastructures, obtention de la phyto licence et du brevet VCA ».
« On a assisté à un vêlage, fait la traite, nourri les bêtes, conduit un Manitou, des tracteurs avec GPS… C’est très complet et sur de chouettes lieux comme le CARAH où 13 jours de formation ont trait à l'élevage, à la production, aux sols et cultures », Aurélie, une des stagiaires.
Yves-Marie Desbruyères, leur formateur au CARAH précise encore :
« Le but est de leur apprendre un maximum de choses en immersion dans les installations de notre ferme, en contact avec les animaux, en voyageant de l'agriculture conventionnelle à bio ou industrielle.
Le but est aussi de les aguerrir à tous types de matériel, récent comme plus ancien parce que dans les fermes, il n'y a pas que du matériel dernier cri ».
Un métier exigeant mais passionnant
« Le stage va plonger les candidats dans la réalité et au cœur de l'activité : horaires variables, saisonnalité, polyvalence.
L'élément numéro un, c'est la motivation, car cela reste un métier physique, avec les aléas de la météo et un équilibre peut-être plus compliqué avec une vie de famille. Mais travailler avec le « vivant » est très gratifiant et l’on voit le résultat de son travail », Pascal.
« Un agent de remplacement en fonction depuis au moins 5 ans les aidera dans tous leurs apprentissages : traite, tonte, paillage, nourrissage, gestion des maladies avec le vétérinaire... », complète Philippe.
« Aider le fermier, c’est une vraie responsabilité. Il faut pouvoir travailler tôt le matin, le soir, les weekends, et gérer des situations parfois difficiles comme la perte d’un veau. Chaque ferme a ses propres machines et donc il faut apprendre à toutes les connaitre pour s’adapter de l’une à l’autre. C’est un métier de passion, exigeant mais gratifiant. Le vivre en stage permet de bien le comprendre. Il faut être disponible, courageux, voir clair, être réactif et motivé.
Avec la diversité des tâches au quotidien, ils ne s’ennuieront jamais. Et on apprend tous les jours, même après une dizaine d’années dans le métier ! ».
Un secteur qui attire encore
Aurélie : « Ce qui m’attire dans ce métier, c’est la polyvalence et passer de ferme en ferme, car je n’aime pas rester en place. Je suis une amoureuse de la nature et des animaux depuis toujours. Cette formation était l'occasion de franchir le pas ».
Malgré les contraintes, l’intérêt est bien là. Yves-Marie : « Je suis agréablement surpris par la curiosité et la volonté d’apprendre des stagiaires. Pour certains, c’est une totale découverte. »
Philippe conclut : « Tout le monde peut s’essayer à ce métier, pour autant qu’on soit courageux et passionné » !
Découvrez ces témoignages en vidéo, lors de l’essai métier et de la formation au CARAH à Ath.
La prochaine formation d’ouvrier agricole sera organisée au 2eme semestre 2026.
De gauche à droite : Philippe Bottermanne, Pascal Van Ceunebroecke, Yves-Marie Desbruyères.